Isabelle ROME

Conseiller à la Cour d’Appel de Versailles depuis le mois de septembre 2012, elle a été le plus juge de France, ayant été nommée à 23 ans juge d’application des peines près le Tribunal de Grande Instance de Lyon.
De 1992 à 1995, elle devient secrétaire générale du président du tribunal de grande instance de Lyon, puis juge d’instruction de 1996 à 1999, avant de partir à Paris à la Délégation interministérielle à la Ville, où elle est chargée du pôle prévention de la délinquance, à Saint-Denis ; elle est appelée, à la fin de l’année 2000, au cabinet de Marylise Lebranchu. Puis, elle est nommée au TGI d’Amiens.
Elle crée en 2002, l’association Paroles de femmes qui deviendra Femmes de liberté. De 2006 à septembre 2012, elle est nommée au TGI de Pontoise, d’abord comme juge des affaires familiales, puis comme juge des libertés.
En septembre 2012, elle arrive à la cour d’appel de Versailles comme conseiller.

 

Dans une prison de femmes (éditions du Moment, 2014)

Pendant plus de six mois, la juge Isabelle Rome a visité des femmes emprisonnées à la maison d’arrêt de Versailles. Une démarche inédite pour un magistrat. Elle rencontre Sophie, incarcérée alors qu’elle avait encore les fils de sa césarienne et qui ne voit son bébé qu’une fois par mois ; Berry, condamnée à dix-huit ans de réclusion criminelle qui attend depuis un an d’être rejugée en appel ; Soumia détenue depuis l’âge de quinze ans, devenue accro à l’héroïne après un premier long passage en prison ; ou encore Poulomy qui écrit le courrier pour les autres et qui se bat pour préparer une thèse sur  » le sens de la peine « … Elle évoque la lucidité d’Estelle, cadre pénitentiaire, qui rappelle que la vie parfois bascule et que  » chacune et chacun d’entre nous pourrait se retrouver là « , ou le sourire de Magali qui aime  » être fraîche et bien coiffée  » pour ouvrir la porte de la cellule au petit matin. Elle raconte les silences, les portes demeurées fermées de certains services et les rendez-vous reportés, puis manqués, avec des professionnels parfois réticents à témoigner de leur activité.
Isabelle Rome dresse un tableau sans complaisance du quotidien des femmes en prison. Elle interpelle aussi notre société sur le sens et l’efficacité de la peine, au moment où la France bat un triste record, avec un chiffre inégalé de plus de 80 000 détenus.

 

Vous êtes naïve, Madame le Juge (éditions du Moment, 2012)

 » Vous êtes naïve, Madame le Juge ! «  Voilà comment un commissaire de police a apostrophé, à ses débuts, Isabelle Rome, coupable selon lui d’avoir accordé trop légèrement une liberté conditionnelle. Alors jeune juge d’application des peines (JAP), elle continuera pourtant de regarder les criminels comme des êtres humains.
Son témoignage est une véritable immersion dans le quotidien d’un juge. On a rarement eu accès, en effet, au face-à-face intime d’un magistrat avec détenus et victimes. Isabelle Rome évoque même les doutes qui l’ont parfois habitée lors de ces rencontres. Ici le meurtrier d’une jeune femme, là un enfant violenté le jour de Noël. Ou encore le criminel nazi Klaus Barbie en prison VIP, qui voulait une grâce médicale, et le terroriste longtemps recherché par toutes les polices du monde, Khaled Kelkal…
En fait, toute la question du sens que la société veut donner à la sanction se trouve au coeur de ce récit, ainsi que le souligne Boris Cyrulnik dans sa Préface :  » Que ressent un juge quand il doit juger une mère infanticide qui a tué un enfant du même âge que le sien ? « 
Isabelle Rome ne manie pas la langue de bois. Punir autrement qu’en incarcérant systématiquement, continuer de traiter les mineurs comme des enfants même s’ils ont commis un délit : autant de pistes de réflexion qu’elle propose, au moment où reviennent en discussion les réformes judiciaires engagées sous Nicolas Sarkozy.