Philippe PUJOL

Depuis dix ans, Philippe Pujol, prix Albert-Londres 2014, plonge chaque jour dans un entrelacs d’HLM immondes, de crimes répétitifs, de drogues trafiquées, de règlements de comptes, de favoritisme et surtout d’humanité piétinée. Personne ne peut sortir de ces zones, dont des enfants ne connaissent même pas la mer. Personne ne veut y entrer. D’une délinquance à l’autre, à chaque nouvelle strate de populations immigrées, cette situation fabrique un monstre. Authentique héritier d’un Albert Londres plongé dans l’enfer du bagne de Cayenne, Philippe Pujol porte la plume loin dans cette plaie-là.

 

La Fabrique du Monstre (Les Arènes, 2016)

L’économie de survie pousse le marché noir. Qui alimente les trafics d’armes et de drogue. Qui nourrissent la corruption immobilière. Qui vit du clientélisme électoral.
Qui fabrique les petits malfrats, des minots de vingt ans, qui vont s’entretuer ensuite… Au bout du compte, ces facteurs ouvrent un boulevard au Front National. Depuis dix ans, Philippe Pujol plonge chaque jour dans un entrelacs d’HLM immondes, de règlements de comptes, de favoritisme et surtout d’humanité piétinée. Personne ne peut sortir de ces zones, dont les enfants ne connaissent même pas la mer. Personne ne veut y entrer. D’une délinquance à l’autre, à chaque nouvelle strate de populations immigrées, cette situation fabrique un monstre…

 

Mon cousin le fasciste (Seuil, 2017)

En octobre 2010, le Front National dans une stratégie de « normalisation » idéologique écarte plusieurs militants proches des courants les plus extrémistes qui traversent le parti. Parmi eux, Yvan Benedetti est traduit devant la commission de discipline du mouvement pour cause de double appartenance au Front National et à L’OEuvre française, un groupuscule nationaliste extrême. Cet homme, représentant d’une frange fasciste affirmée gommée par l’opération de communication du Front National, n’est autre que le cousin germain de Philippe Pujol. L’auteur s’interroge sur les destins croisés et pourtant opposés, dans une mise en regard fascinante. Il dresse le portrait de son double en négatif et tente au-delà des caricatures de dépeindre un fascisme plus contemporain qu’il n’y paraît. Dans un studio parisien surchauffé, autour d’une stèle de l’OAS, dans les pas des processions de la phalange en Espagne ou encore lors d’un rassemblement sur la tombe du Maréchal Pétain sur l’île d’Yeu, en reporter, Philippe Pujol, sonde l’âme rance et familière d’une idéologie française.